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Booster sa confiance

Procrastination : Comprendre pourquoi au lieu de culpabiliser

Ces temps-ci, je vois beaucoup de pub sur les réseaux sociaux qui nous vendent des méthodes pour cesser de procrastiner. Comme si la procrastination était liée à un manque d’organisation ou à une simple flemme internationale. A l’heure où l’on vit dans une société du « il faut faire », où les personnes qui n’ont pas une minute à elle sont admirées pour tout ce qu’elles accomplissent, j’avoue que je ne peux m’empêcher d’entendre le terme « procrastination » d’un ton accusateur et lourd de reproche.
Et cela ne manque jamais de m’irriter, car en ce qui me concerne, lorsque je procrastine, je ne le fais pas simplement parce que cela me plait.

Voir la procrastination comme un indicateur

J’aime m’épanouir dans la joie du « faire », et si je ne fais pas quelque chose et que je le repousse à plus tard (et parfois même à jamais), c’est que je suis en train de nourrir d’autres besoins ou bien que je rencontre une difficulté. Alors plutôt que de me faire violence et « faire » à tout prix, juste « parce qu’il le faut », je préfère prendre un moment, le temps dont j’ai besoin, pour comprendre pourquoi je n’agis pas.

  1. Je prends un temps pour observer mes pensées,
  2. les noter mentalement ou sur un cahier quand je sens qu’il y a un gros loup derrière ma « flemme ».
  3. Puis je regarde qu’elles sont ses pensées.

Manque de confiance en moi

Si mes pensées sont des jugements négatifs ou des croyances limitantes, par exemple : « je ne suis pas assez forte, je n’ai pas les qualités requises, je ne vais pas y arriver », c’est que je manque de confiance en moi et que j’ai peur de l’échec. A ce moment là, j’essaie de m’apaiser avec des pensées valorisantes et je me remémore mes meilleurs succès sur des projets similaires. Ainsi je me rappelle que j’ai un tas de qualités et de forces, que je suis capable d’accomplir beaucoup de chose. Je me sens déjà mieux.
Et si la tâche qui m’attend continue de m’impressionner, je cherche à l’aborder autrement. J’élabore une stratégie qui s’appuie sur mes forces et qualité. Je la découpe si nécessaire en plusieurs petites tâches plutôt qu’une énorme. Ainsi mon nouveau plan devient infaillible et l’échec n’est plus possible. Cela rejoint la méthode du Kaizen que l’on traduit par « amélioration continue » et qui consiste à aborder le changement en faisant plein de petits pas plutôt qu’un changement radical en une fois.

Besoin d’éclaircissements

Cela peut sembler surprenant, mais parfois si on n’avance pas sur un projet c’est parce qu’il reste des questions sans réponse, dont on est plus ou moins conscient. Outre les questions que l’on résout assez rapidement, qui concernent le « comment vais-je faire ? », « avec quelles ressources (temps, argent, matériel) ? », « quelles compétences utiliser ou acquérir ? », il y a la grande question du « pourquoi ? ». Pourquoi ai-je envie de réaliser ce projet ? Et quand ce pourquoi n’est pas clair pour nous, cela peut prendre du temps de le faire émerger dans notre conscience en douceur, sans jugement.

J’insiste sur la douceur de ce moment d’introspection car quand on coince sur le « pourquoi », souvent il y a des peurs ou des attentes cachées derrière. Pour approfondir sa réflexion et découvrir les motivations cachées, il y a une exercice simple à faire « Les 5 pourquoi » :

  • 1ère question : Pourquoi est-ce que je veux faire … ? On obtient la réponse 1.
  • Puis on se pose la question « pourquoi » à propos de la réponse 1, on obtient la réponse 2.
  • Et ainsi de suite avec les réponses 2, 3 et 4.
  • Faites cet exercice par écrit, ou si vous êtes seul, vous pouvez le faire à haut voix et vous enregistrer sur votre smartphone.

Peut-être qu’à un moment, dans une des réponses vous aurez clairement un « parce que j’ai peur de… ». Ce genre de prise de conscience peuvent vraiment vous ébranler, prenez le temps de respirer et accueillir cela sans jugement négatif envers vous-même. Et voyez comment travailler sur cette peur tranquillement à votre rythme. J’écrirai bientôt de nouveaux articles pour travailler sur ses peurs en douceur.

Ou alors, peut-être qu’un « parce que j’attends d’untel qu’il fasse… » va sortir. C’est ce qu’on appelle une attente cachée, et ça ce n’est pas bon du tout. A moins que vous ayez clairement convenu avec untel que vous fassiez un échange précis et concret de services. Mais si c’est implicite, vous allez au devant d’une déception et peut-être de tensions dans votre relation. A ce moment là, mieux vaut abandonner votre projet ou bien trouver une autre motivation qui n’engage que vous-même ou bien d’autres avec leur consentement.

Pas envie

S’il s’agit d’un vrai « j’ai pas envie » qui ne cache pas une peur qu’on ne veut pas regarder. Alors je ne fais rien, si ce n’est d’avertir les éventuelles personnes concernées. Je trouve les mots justes pour les avertir de mon désistement et pour qu’elles puissent l’entendre sans se vexer (parler en « je » aide beaucoup). Mais voilà, si ma motivation est à zéro, je m’écoute, je ne me fais pas violence. Cela risquerait de créer de tensions dans mes relations.

Besoin de repos

« Je suis fatigué(e), je le ferai plus tard ». Le besoin de repos est un besoin que l’on écoute peu dans notre société aujourd’hui. Combien de personnes avouent boire du café « pour tenir » et non parce qu’ils en apprécient le goût. Et surtout lorsque l’on devient parent. C’est vrai que nourrir son besoin de repos quand on a des enfants en bas âge demande beaucoup d’organisation 🙂 Mettons à part le cas où l’on doit prendre soin d’un bébé.

Difficile de lâcher-prise face à la culpabilité du « il faut » et de placer en priorité son besoin de repos, cela demande de l’entrainement. Quand vous ressentez de la fatigue, considérez le degré d’urgence ce que vous avez à faire, et voyez si vous pouvez le repousser le temps d’une sieste ou même d’une bonne nuit réparatrice. Nous savons tous à quel point nous sommes plus efficaces lorsque nous sommes reposés. Aussi posez-vous cette question : « En combien de temps accomplirai-je cette tâche si j’étais reposé ? » et comparez à la durée si vous êtes fatigué. Après cela, je pense que vous déciderez facilement d’aller vous reposer le temps nécessaire avant de vous atteler à ce que vous avez à faire.

Manque de ressources

Si vous manquez de temps, comme le disait mon psy : « Ce n’est jamais une question de temps, mais de priorité ». Régulièrement je repense à cette phrase, et je me rend compte à quel point c’est vrai. Si je n’ai pas fais une tâche c’est que ce n’était pas la priorité, c’est tout. Et si vraiment je veux l’accomplir, je revois mes priorités. Ça marche à tous les coups, je passe en queue de liste ce qui m’est le moins important et « oh magie ! » je trouve du temps pour réaliser ce qui m’importe le plus.

Si vous manquez  de ressources matérielles ou de compétences/connaissances, cela s’acquiert et ce n’est pas toujours une question d’argent. Si c’est une question de temps, reportez-vous au paragraphe précédent 🙂 Il ne vous reste plus qu’à être imaginatif et élaborer un plan pour acquérir ce qu’il vous manque en vous fixant des échéances réalistes. Si besoin, vous pouvez utiliser la technique des « petits pas » évoquée rapidement plus haut.

 

J’espère qu’avec ces quelques clés, vous pourrez mieux comprendre ce qui se cache derrière votre procrastination et l’accueillir avec douceur, sans culpabiliser. Je crois sincèrement qu’en prenant un temps d’introspection avant d’agir, nous permet d’avancer plus sereinement dans nos projets car nous sommes au clair avec les motifs qui nous poussent à l’action.

Et vous, que se cache-t-il derrière votre « procrastination » ?

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2 commentaires

  • Répondre
    Aby
    30 juillet 2017 à 20 h 19 min

    Bonjour Nathalie,
    Effectivement, la société pointe la procrastination du doigt d’un air très accusateur. Il faut à tout prix lutter contre sans même « prendre le temps » de regarder ce qu’elle cache et les raisons de son existence. Et je rejoins tes propos. Il est important de se respecter, de s’écouter et de prendre soin de soi. Tu décris dans ton article ce que j’appelle la procrastination « positive ». Toutefois, je pense qu’il existe une autre forme de procrastination qui mérite, selon moi, une autre approche : celle qui se met en place grâce à l’existence de nos schémas auto-destructeurs (nous en avons tous à un niveau ou un autre). C’est également la question du « pourquoi » posée différemment : pourquoi je refuse (inconsciemment) de faire ce qui me nourrit et me fait grandir ? Là, un travail sur soi couplé à quelques méthodes pratiques pour « sortir » de la procrastination sont, à mon sens, une bonne approche pour avancer à la fois sur soi et également concrètement dans sa vie. Bien sûr, ce n’est que mon avis.

    • Répondre
      Nathalie Valentin
      6 août 2017 à 13 h 23 min

      Merci Aby pour l’éclairage que tu apportes dans ton commentaire : se « saboter » en procrastinant.
      Je partage ton point de vue. Je dois bien vouer que je procrastine quand même pas mal depuis quelques mois et je sens bien que derrière cela se cache des peurs liées à des traumastismes plus ou moins importants. Et cela demande du courage et du temps pour regarder au fond de moi de quoi il s’agit exactement pour pouvoir le dépasser. Je pense que je développerai ce sujet dans de prochains articles 🙂
      A bientôt.

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