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Dépasser ses croyances

Comment détecter nos croyances ?

J’ai choisi « Dépasser ses croyances » comme l’un des cinq axes de travail pour construire son bonheur. Je me dis assez justement que ça serait bien de commencer par définir ce qu’est une croyance. Autant, généralement nous voyons bien ce qu’est une émotion ou une peur, mais la « croyance »… J’avoue que pour moi le concept était finalement assez flou jusqu’à ce que je suive un stage de CNV sur ce thème en juin dernier. Je vous livre ici ce que j’ai appris lors de ces deux jours.

C’est quoi une croyance au juste ?

Une croyance est une phrase ou une pensée qui s’est accrochée à moi et qui oriente mes choix sans que je m’en aperçoive. Elle peut être à propos de moi, des autres, mon environnement, la vie en général… C’est ce qu’on peut aussi appeler des idées reçues, évidences ou préjugés conscients ou inconscients.

Cette « évidence » peut nous avoir été transmise par notre entourage (parents, amis, professeurs, etc.) ou bien nous l’avons acquise par une expérience agréable ou désagréable, répétée ou non.

Il existe trois types de croyances :

  • Les croyances neutres : « Tous les chiens aboient »
  • Les croyances ressources : « J’ai toutes les qualités pour réussir ! »
  • Les croyances limitantes : « Je ne sais rien faire de mes dix doigts », « la vie est difficile », « il faut travailler dur pour gagner de l’argent », « je suis trop vieux pour apprendre »

Les 4 caractéristiques d’une croyance

Selon Jean-Philippe Faure, une croyance est une certitude binaire que je confirme inconsciemment et qui déguise une peur. Explications…

Certitude. C’est une pensée dont nous sommes sûres à 100% et à l’avance. Nous savons ce que va être la réalité ou ce qu’elle doit être. Cela nous préserve des dangers projetés sur l’instant présent que nous confondons avec l’instant d’après. Elle crée donc à la fois une temporalité et un savoir.

Binaire. Toute croyance est porteuse, consciemment ou inconsciemment de la pensée contraire. Si nous prenons le temps d’observer une croyance ressource en nous-même, par exemple « J’ai toutes les qualités pour réussir » ». Plus nous affirmons cela haut et fort en nous, plus l’autre voix se fera entendre « Tu penses cela pour te rassurer, tu n’es pas si fort que cela ». C’est pourquoi les croyances « positives » ne sont aussi intéressantes qu’on pourrait le croire pour booster notre confiance en nous, car elles génèrent souvent une tension liée à la croyance opposée.

Confirmé inconsciemment. Au départ, chaque croyance est une forme de protection face au choc de la réalité. Ensuite, elle aura tendance à se perpétuer en stimulant une interprétation des événements de façon à confirmer la croyance encore et encore. Par exemple, si j’ai la conviction que mon mari de m’aime plus, je vais interpréter chacun de ses silences ou actions de sa part pour la renforcer.

Déguisant une peur. Les croyances ont toutes servi à un moment donné à nous protéger d’un danger ou d’un inconvénient. Si le danger est imaginaire, cela ne change rien à la fonction de la croyance.  Plus le moment où la croyance a été stimulée s’éloigne, plus il nous est facile de prendre conscience de son pouvoir de nuisance.

Les croyances nous rendent services

Vu la définition, on pourrait croire que ces convictions sont comme des boulets accrochés à nos chevilles. C’est vrai, et en même temps, elles nous rendent service. Elles nous permettent, par exemple, de faire partie d’une « tribu » que ce soit votre famille, au travail, dans un club de sport, à l’échelle de votre ville ou de votre pays. Nos « évidences » favorisent la cohésion dans un groupe et nous offrent un sentiment d’appartenance. Elles nourrissent certains de nos besoins.

« Les croyances limitantes aussi nous rendent service ! » Quand mon formateur a dit ça, je suis restée coi. Ensuite, il nous a cité quelques exemples, j’ai mieux compris 🙂

  •  » Cette femme est trop bien pour moi », cette pensée est parfaite pour ne pas s’investir dans une relation si on a peur d’être rejeté, ainsi on s’évite d’avoir à souffrir. On esquive le douloureux duo : espoir et déception.
  • « Ce projet ne me rapportera pas un sous » cache une peur de l’échec ou d’être déçu. On laisse tomber le projet plutôt que de courir le risque de voir que la réalité ne correspond pas à mon désir.

Le soucis avec les pensées limitantes, comme leur nom l’indique, elles nous limitent et nous freinent dans l’action ou la création. Elles nous poussent à la procrastination parfois.

Paul-Georges (mon formateur) faisait une jolie métaphore à propos des croyances. Il les comparait à des échafaudages qui nous construisent. Il disait que le soucis c’est quand on confond l’échafaudage avec l’édifice (notre être intérieur). Comment « décoller » notre nez de l’échafaudage et découvrir nos croyances ?

Comment les détecter ?

Il y a les phrases qu’on se dit dans notre tête, elles sont assez faciles à repérer si on prend le temps d’observer nos pensées. Ensuite il faut faire attention à ne pas les confondre avec des observations (des faits que tout le monde pourrait constater, la « caméra objective » d’Art-Mella) ou des évaluations (mon opinion, souvent ce sont des adjectifs). Aussi lorsqu’on se sent freiné dans une action, en quelques minutes, on va trouver beaucoup de croyances limitantes. C’est le bon moment pour les noter et travailler dessus.

Et il y a les croyances plus difficiles à repérer car elles sont tellement ancrées en nous qu’on ne se les dits plus dans notre tête. Ce sont des évidences que nous avons en nous depuis longtemps. Pour les débusquer, il faut s’armer de patience et essayer de voir s’il y a des situations ou schémas qui se répètent régulièrement dans notre vie, puis les décortiquer pour trouver la croyance liée.

Arriver à prendre conscience de nos croyances et de l’influence qu’elles ont sur nos vies est l’étape indispensable pour les transformer. Changer un comportement ne suffit pas toujours, la croyance qui est à la base de ce comportement demande à être transformée elle aussi afin de trouver d’autres manières d’agir.

Rappelez-vous que les croyances, qu’elles quelles soient, sont ou ont été des mécanismes de protection. Ils se sont mis en place pour notre bien-être, notre santé, ou au service de nos relations avec autrui, etc. Seulement, aujourd’hui, après que nous ayons évolué, certaines d’entres elles ne nous correspondent plus du tout. Ce n’est pas une raison pour sortir le bazooka et les bousiller en deux secondes 😉 Travailler sur ses croyances demande de la délicatesse, de la bienveillance et aussi… de remercier ces mécanismes qui nous ont bien rendu service (Eh oui !).

Découvrez ici un exercice en quatre étapes simples pour transformer les croyances qui vous gênent dans votre vie.

Lesquelles de vos croyances vous sont venues à l’esprit lors de la lecture de cet article ? 

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2 commentaires

  • Répondre
    Matthieu
    11 août 2017 à 23 h 16 min

    Bonjour Nathalie,

    ton article est très intéressant.

    Lorsque l’on cherche à se connaître, il faut en effet arriver à trouver les croyances que nous avons, et je trouve que c’est quelque chose d’assez difficile. En effet, c’est tellement ancré en nous depuis longtemps, qu’il est difficile de s’en rendre compte parfois. Concernant ces croyances là, c’est souvent le contact avec les autres qui permet de voir qu’il y a plusieurs façons de réfléchir, et que la notre peut être remise en question.

    A bientôt.

    • Répondre
      Nathalie Valentin
      18 août 2017 à 0 h 01 min

      Merci Matthieu pour ton commentaire qui complète bien mon article. Effectivement, entendre d’autres opinions peut bien « challenger » les nôtres. Aussi, en observant les vives réactions que nous pouvons avoir parfois en écoutant un point de vue différent peut nous aider à poser le doigt sur une croyance que nous n’avions pas détecté auparavant.

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