vaincre la culpabilité
Nourrir ses besoins

3 astuces pour vaincre le sentiment de culpabilité

Vous avez tendance à culpabiliser facilement ? Vous en avez assez de vous tourmenter ou vous laisser tourmenter pour un oui, pour un non ? Décodons ensemble dans cet article ce qu’est la culpabilité, quelle information elle vous donne sur vous-même et comment vaincre la culpabilité !

Qu’est-ce que la culpabilité ?

La culpabilité est le sentiment d’avoir commis une faute, qu’elle soit réelle ou imaginaire. Ce sentiment signale que nous avons transgressé nos valeurs, nos principes moraux ou encore notre élan de vie profond. Elle intervient aussi lorsque nous pensons avoir blessé ou heurté quelqu’un. Elle nous permet de demander pardon ou réparer notre erreur. Elle est donc très utile pour vivre en groupe car elle nous rend emphatique.

Selon le psychanalyste Jacques Lacan, la culpabilité appartient aux affects les plus universels et les plus archaïques, ceux qui apparaissent de façon presque innée comme la colère ou la joie. 

Il est donc normal de ressentir de la culpabilité de temps à autre. Elle devient gênante lorsque :

  • nous ne l’écoutons pas et ne pouvons pas décoder ce qu’elle nous signale (la valeur ou inspiration que nous ne nourrissons pas) pour agir en conséquence. A ce moment, les remords ou le mal-être ne nous quittent plus.
  • Nous nous laissons manipuler et culpabiliser facilement par notre entourage.

Le mécanisme de la culpabilité

  1. Le mécanisme s’amorce lorsque nous ne sommes pas alignés sur nos valeurs ou aspirations avant d’entamer une action. Parfois la culpabilité intervient, sur la base de nos pensées, avant même que nous ayons agi.
  2. C’est alors comme si nous nous séparions de nous-même pour nous juger. Par exemple, face à une situation imprévue, nous nous sommes parfois retrouvé pris de court et n’avons pas réussi à agir comme nous l’aurions souhaité. Après coup, une part de nous nous juge et nous condamne : « Tu es trop bête, tu auras dû faire ceci ou cela ! Pourquoi n’y as-tu pas pensé plus tôt ? Tu es faible, tu t’es laissé faire… ».
  3. Parfois même, le Juge va aller jusqu’à nous maltraiter. Si nous croyons ce qu’il dit, nous allons somatiser et nous rendre malade ou encore nous auto-punir en ne profitant pas du moment présent, en ratant des opportunités, etc.

Nous devons quotidiennement nous arranger de dilemmes de ce genre. Sans disposer d’autres repères que notre conscience et notre idée du bien et du mal.

La culpabilité est très utile lorsqu’une situation inconfortable se reproduit. Nous nous rappelons le désagrément qu’elle nous a causé précédemment et nous sommes plus à même d’agir selon nos valeurs ou aspirations pour arranger le cours des choses de façon à ce que cela nous convienne mieux.

3 astuces pour vaincre la culpabilité

1. Écoutez votre sentiment de culpabilité

Lacan affirme que la seule chose dont nous puissions être coupables est de ne pas assumer nos désirs, d’être « moralement lâches ». Il ne parle pas de lubies ou de pulsions sexuelles à assouvir sur-le-champ, encore moins de tendances criminelles ou perverses, mais de la force vitale qui mène notre existence. 

Le sentiment de culpabilité attire notre attention vers un désaccord intérieur. Elle nous indique ce dont nous ne voulons plus dans notre vie. C’est un excellent point de départ pour découvrir ensuite nos véritables besoins, désirs et aspirations profondes. Elle nous pousse à accepter notre responsabilité face à nos aspirations et à nos actes. Elle challenge notre aptitude à affirmer « Je veux » et « J’assume ».

Concrètement, interrogez le Juge en lui posant des questions dont les réponses vous seront utiles, par exemple :

  • Quelles valeurs ou aspirations n’ont pas été nourries dans la situation qui me crée de la culpabilité ?
  • Si jamais cette situation venait à se reproduire, comment pourrais-je agir à l’avenir pour être plus en accord avec mes valeurs ?
  • Ce qui est fait est fait. Que puis-je faire maintenant pour me sentir mieux ?
  • Comment puis-je réparer mon erreur ?

Puis agissez en fonction des réponses données par le Juge à vos questions. Le but de vos actions sera de vous ré-aligner avec vos valeurs, c’est en vous rapprochant de vous-même que vous vous sentirez mieux.

2. Acceptez que vous faites de votre mieux

Coupez le sifflet à ce Juge intérieur qui vous fait souffrir car il pense que vous n’en faites pas assez ou que ce n’est pas assez bien. Comme chacun, en permanence, vous faites de votre mieux avec les ressources (matérielles, énergie, argent, connaissances, etc.) dont vous disposez à l’instant T. Une fois que vous avez décodé ce que vous indique votre sentiment de culpabilité (astuce n°1), affirmez à haute voix « J’ai fais de mon mieux » et acceptez-le car ce n’est rien d’autre que la vérité. Comme le dit le vieil adage « A l’impossible nul n’est tenu ». Certains jours, à cause de la fatigue, de manque d’information ou de ressources matérielles, certaines choses nous sont impossibles, alors qu’elles le seront quelques jours plus tard. Rien ne sert de s’épuiser à se battre contre des moulins à vent, acceptez que vous êtes en train de faire de votre mieux.

Vous pouvez lire Les quatre accord toltèques de Don Ruiz Miguel pour aller plus loin sur cette deuxième astuce.

3. Ne vous laissez plus culpabiliser par autrui

Vous avez parfaitement le droit de faire passer vos besoins en premier. Et non ce n’est pas égoïste de votre part que de faire cela ! Vous vivez votre vie avant tout pour vous-même et non pas que pour les autres. Je ne dis pas que vous devez ignorer votre entourage et leurs besoins. Je vous dis seulement de ne pas vous oublier, de ne pas oublier de prendre soin de vous et de vos besoins.

Marshall Rosenberg, la fondateur de la Communication NonViolente (CNV), affirme que les besoins ont avant tout besoin d’être entendus et qu’après cela ils peuvent patienter un peu. La seule exception sont les besoins vitaux des très jeunes enfants (alimentation, élimination, repos, etc.). Pour tout le reste, vous pouvez négocier et combiner l’assouvissement de vos besoins et de ceux de votre entourage. Aussi en CNV, on dit que ce n’est pas l’un OU l’autres des besoins qui peut être nourri, mais l’un ET l’autre.
Par exemple, vous avez un fort besoin de repos et en même temps votre mère vous appelle car elle aimerait vous voir ce soir. Plutôt que de vous sentir obligée d’y aller ou de peut-être vous laisser culpabiliser par elle. Vous pouvez lui dire que vous avez besoin de repos, que vous entendez bien qu’elle a souhaité vous voir et partager un bon moment ensemble (besoin de connexion et de nourrir le lien). Puis vous fixez ensemble un rendez-vous très bientôt. Vous aurez fait passer votre besoin en premier car il était plus urgent que celui de votre mère, et en même temps, comme son besoin a été entendu, et que votre mère est rassurée sur le fait qu’elle vous verra bientôt, tout est OK. Vous pouvez vous reposer sereinement.

Partagez votre expérience en commentaire. Culpabilisez-vous souvent ? Pourquoi ? Que faites-vous pour atténuer ce sentiment ? 

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2 commentaires

  • Répondre
    Nicolas
    26 mars 2018 à 13 h 43 min

    Merci pour cet article, qui, en ce qui me concerne, tombe à point nommé.

    • Répondre
      Nathalie Valentin
      26 mars 2018 à 13 h 53 min

      Comme le disait Charline sur Facebook, c’est « le fléau de notre société ». Depuis tout petit, on nous fait marcher à la culpabilité. Il est temps de sortir de ce modèle.
      Fin avril, je vais interviewer une experte en CNV pour parler notamment de la culpabilité. Elle donnera d’autres conseils encore pour nous aider à mieux vivre cette émotion. A suivre… 🙂

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